Paiements innovants : quand des fintechs du monde entier viennent pitcher à Paris

Paiements innovants : quand des fintechs du monde entier viennent pitcher à Paris
L’édition 2015 du Paris Region Payment Innovation Day en partenariat avec Edgar, Dunn & Compagnie et le pôle de compétitivitéFinance Innovation s’est tenue le mercredi 17 juin au sein du Palais Brongniart. Cette conférence sur les paiements innovants a mis en lumière les dernières innovations aux USA et en Europe, les changements de régulation, tout en permettant la mise en relation de startups innovantes étrangères et grands groupes français dans une démarche d’open innovation. 

« Cette conférence offre aux professionnels français de l’industrie des paiements l’opportunité de rencontrer des entreprises innovantes étrangères voulant se développer en France », rappelle Remi Bergues, business development director services financiers chez Paris Region. Au programme de ces rencontres, des conférences ainsi que des présentations de fintechs venues du monde entier (Etats-Unis, Chine, Suède, Suisse…). 

Les dernières tendances... 

La première présentation portait sur Les dernières tendances en matière de paiement, notamment aux Etats-Unis et en Europe. SelonPascal Burg, associé chez Edgar, Dunn, and Company, on constate de fortes variations d’un pays à l’autre au sein des moyens de paiement électroniques. En outre, la forte mutation des moyens de paiements créé de nouvelles opportunités en même temps de nouvelles menaces. 

Parmi les facteurs de changement ont peut citer : de nouveaux comportements chez les clients (ex : les espèces sont préférées pour des montants inférieurs à 10 euros) et des marchands qui ont de nouvelles attentes ; de nouvelles technologies qui créent de nouveaux cas d’utilisation et de nouveaux comportements, les acteurs les plus susceptibles de stimuler la croissance étant les solutions émergentes mPOS (mobile point of sale) ; de nouveaux entrants, avec notamment le lancement de wallets (smoney, paylib…). 

Après l’effervescence , la consolidation ? Le levier de croissance principal est le fort intérêt des marchands pour améliorer le parcours client et générer des ventes incrémentales. Certains wallets (ex : PayPal) ont d’ailleurs atteint une masse critique dans plusieurs pays (notamment dans la vente à distance). 
 
  • Exemple de wallet « conteneur » aux US : Apple Pay pour les paiements de proximité et in-app.
  • Exemple de paiement sans contact : Walgreens, Whole Foods, JetBlue, ….
  • Exemple d’initiative type wallet regroupant plusieurs banques en France : PayLib

Le wallet ne se résume pas à une question d’argent mais offre de nombreux services : stockage carte bancaire, programme de fidélisation, porte-monnaie électronique, reçus 

La réglementation aura un impact sur le modèle économique des moyens de paiement (commissions interbancaires de paiement, DSP2, rapport Mallié sur les paiements TPE et petits montants, orientations ABE, travaux ERBP…). 

Exemple de nouveau standard de paiement permettant d’optimiser l’acceptation et l’acquisition pour les commerçants : NEXO 

Le rôle moteur des Assises des moyens de paiement 

Les Assises des moyens de paiements organisées le 2 juin 2015 à Bercy vont contribuer à moderniser les moyens de paiements en France. Grégoire Toussaint, manager chez Edgar, Dunn & Company qui a accompagné Emmanuel Constans (président du CCSF) dans cette démarche des Assises des paiements, a donné quelques éléments chiffrés relatifs aux propositions émises par les 4 groupes de travail

Le 1e groupe de travail (Paiement à distance / chèque) indique que la France se caractérise par une sur-utilisation du chèque et une sous-utilisation du virement en France par rapport à l’Europe. On constate une forte augmentation de la carte, moyen de paiement préféré des Français, mais encore des « trous dans la raquette ». 

Concernant le chèque dans le B2C, il s’agit d’améliorer le « parcours client » en matière de virement et promouvoir / accompagner une offre de virement référencé. A propos du chèque dans le P2P, il est question d’étudier la mise en place d’un lien entre le numéro de téléphone portable et l’IBAN via un «annuaire» afin de faciliter l’utilisation des virements. Enfin, à propos du chèque dans le B2B, l’idée est de généraliser, en concertation notamment avec la CGPME et l’UPA, les moyens de paiement électroniques dans les PME en lien avec la facturation électronique. 

Sur la base d’un retour d’expérience en Grande-Bretagne où a été lancé Faster Payments en mai 2008, il est également question d’étudier la mise en place d’un service de paiement ou d’un service de transfert immédiat. 

Le 2e groupe de travail (Paiement de proximité) rappelle que la part des espèces reste prédominante (notamment pour les petits montants) mais diminue. Des propositions ont été faites pour fixer des dates butoir (cartes, TPE) relatives au sans contact. 

Face à un taux de fraude en augmentation, il convient d’après le 3e groupe de travail (Sécurité) de soutenir le développement et l’adoption de l’authentification renforcée… à cause des paiements à distance. 

Le 4e groupe de travail (Innovation et compétitivité de la filière) a conclut qu’il il y avait une vraie filière des moyens de paiement en France avec 72.000 emplois directs et 18.000 emplois indirects. L’enjeu est de ne pas manquer la «2ème vague» liée au digital et à la donnée. Il convient donc de protéger et valoriser les données de paiement ; influencer les processus de standardisation sur les moyens de paiement. 

Focus sur les Etats-Unis 

Daniel Chatelain, fondateur et managing director du BayPay Forum rappelle dans sa présentation la prédominance des GAFA dans les moyens de paiement innovants. Ce qui n’empêche pas que de nouveaux acteurs comme Square, Braintree, Stripe… d’atteindre des valorisations astronomiques. Mais tout n’est pas rose au pays de l’Oncle Sam : des retailers comme Tower Records, Border,… ont tout simplement disparu. 

Concernant le crowdfunding, dans le sillage de la cotation en Bourse de Lending Club, on assiste à une nouvelle vague de startups (Lend Up, Circle, …). 

Enfin, près de 785 millions de dollars ont été investis dans les sociétés bitcoins. 

Pour couvrir le marché européen, les sociétés américaines n’ont généralement besoin que d’un point de chute (grâce notamment à la loi SEPA) et optent le plus souvent pour le UK pour des raisons culturelles. 

Business Case: Présentation de 6 entreprises étrangères innovantes : 

Union Pay (Chine) 

Ipagoo, première banque paneuropéenne dédiée à la gestion de liquidités opérant en architecture ouverte (distribue des produits des tiers).

i-zettle (Stockholm, Suède) 

CashSentinel (Suisse) 

GoCardless (San Francisco, US) 

SEQR (Suède) 

Les nouvelles technologies dans les paiements : évolution ou révolution ? 

La matinée s’est terminée par une table ronde modérée par Pascal Burg, Associé, Edgar, Dunn & Company et avec la présence de Arnaud Crouzet, Directeur du développement monétique chez Auchan, Regis Massicard, Directeur stratégique paiements Europe (SECA) chez Ingenico et Olivier Tilloy, Directeur général adjoint chez S-money (Groupe BPCE). 

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